Dram A Montagne Jacquot: Enn Reve Kasse Pou 3 Kamarad Inseparab

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Ils avaient l’avenir devant eux et des rêves plein la tête. Suhail Rackloo, Shahaan Jurawon et Wasim Oderuth, tous âgés de 18 ans, ne pourront désormais pas les réaliser. Le malheur a frappé ces trois inséparables alors qu’ils s’apprêtaient à franchir une nouvelle étape de leur vie.

Le 13 mars, Shahaan devait intégrer une institution d’enseignement supérieur pour devenir ingénieur, Wasim devait, lui, prendre de l’emploi dans un hôtel, alors que Suhail avait entamé des cours en ACCA. Leur disparition subite laisse tout ceux qui les ont côtoyés dans un profond désarroi.

Études en ingénierie

L’air pensif, Nawshad Jurawon, le père de Shahaan, ne perd pas une miette de l’opération balayage des plongeurs de la garde-côte nationale (NCG) et du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM) en vue de retrouver son fils et ses deux amis à Montagne-Jacquot. Shahaan est tout pour lui. Anticipant le pire, il se raccroche à l’image de l’enfant sage et obéissant qu’était Shahaan.

« C’étit un élève appliqué. Il a brillamment réussi son Higher School Certificate. D’ailleurs, il vient d’avoir ses résultats », nous dit Nawshad. Shahaan a débuté sa scolarité à l’école gouvernemental Jean Lebrun, Port-Louis. Après avoir réussi aux examens du Certificate Primary of Education, il a  intégré le collège Sir Abdool Raman Osman, Phœnix. Le jeune homme voulait devenir ingénieur. « Il avait soumis sa candidature pour entrer à l’université. Il n’avait cependant pas encore choisi s’il voulait se lancer dans le génie civil ou maritime, car il aimait trop la mer.Nous étions très proches, comme des amis. C’est une relation fusionnelle », lâche Nawshad, le cœur lourd. Le jour de la disparition, père et fils s’étaient parlés. « Il m’a dit qu’il allait accompagner sa sœur à ses leçons. Il  m’a demandé de l’argent pour aller chez le coiffeur », poursuit-il. Nul ne pouvait imaginer que le malheur allait s’abattre sur le jeune homme et ses amis.

Les Rackloo pleure Suhail

Nazima Rackloo, la mère de Suhail, est anéantie. Sa fille et son époux étant à l’étranger, c’est elle qui s’occupe de leur fils. « Pandan sink an, ti ena zis nou de lakaz. Je me suis sacrifiée pour lui. Je voulais qui devienne expert-comptable », dit-elle en larmes. Son fils a fréquenté l’école Notre Dame de la Paix et le collège Sir Abdool Razack Mohammed. Comme ses amis Shahaan et Wasim, il vient de recevoir ses résultats de HSC. « Il a entamé son ACCA/MBA à Ébène », ajoute Nazima Rackloo.

Depuis la disparition de Suhail, elle se rend tous les jours à Montagne-Jacquot.

« Il y a un manque d’effectif. Tout ce que je souhaite c’est qu’on puisse retrouver Suhail », ajoute Nazima. La sœur aînée du jeune homme est attendue à Maurice ce samedi. « Ils sont très complices. Ma fille est inconsolable depuis qu’elle a appris la disparition de son cadet », dit-elle.

Wasim voulait aider les jeunes

C’est la même tristesse chez les Oderuth. Les proches  de Wasim ont du mal à surmonter cette épreuve. Un cadavre a été repêché jeudi après-midi et tout laisse penser qu’il puisse s’agir du jeune Wasim Oderuth. Dans la maison familiale, à Morcellement Peerun, Terre-Rouge, l’atmosphère est lourde.

Wasim, 18 ans, est le cadet de la famille. Apprécié de tous, ce jeune homme a terminé ses études secondaires en 2016. Et ce lundi 13 mars, il devait prendre de l’emploi dans un hôtel, selon Raissah, sa sœur de 21 ans.

« Wasim était toujours soucieux de sa santé. Il allait à la salle de gym et  aspirait à devenir coach. Il voulait aider les jeunes et surtout les conscientiser sur les bienfaits du sport. Il adorait le badminton », poursuit Raissah.

La jeune femme ajoute que Wasim suivait des cours de natation à Calebasses et à Beau-Bassin depuis un mois. « Il savait nager, mais il a voulu se perfectionner. Il ne ratait aucune session de natation. C’était un enfant discipliné et perfectionniste. Wasim aimait aider son prochain ».

Selon Raissah, son frère avait tout pour réussir. « Wasim avait des projets plein la tête. Sa soudaine disparition nous bouleverse. Toute la famille est sous le choc. Je ne sais pas ce que Dieu nous réserve. Mes parents sont accablés. Ma mère est traumatisée et s’est murée dans le silence », dit Raissah.

Test ADN pour confirmer l’identité du corps repêché

Le corps repêché jeudi après-midi est toujours à la morgue. Après la découverte du cadavre, la famille Jurawon s’est rendue à l’hôpital de Candos pour l’identification. L’autopsie a été pratiquée et a conclu à la noyade. Le corps a été remis aux proches, mais ils ont constaté qu’il n’est pas celui de Shahaan. Il s’agirait de Wasim Oderuth. Les deux familles ont alors dû se soumettre à un test ADN pour obtenir confirmation.

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