[Video] Enfants en détresse: Saki Zot Fer Avek Sa Bann Tifi La Pou Fer Zot Revolte Avek Koler

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Il est 17 h 43. Trois filles sont à genoux dans l’enceinte d’un centre d’accueil pour les enfants en détresse. Deux surveillants, un homme et une femme, ricanent face à ces enfants visiblement perturbées par le traitement qu’elles reçoivent.

La première fille est pieds nus. Elle fait face au mur du shelter. La deuxième a eu pour instruction de mettre ses mains sur la tête. La troisième doit, elle, se tenir à genoux et regarder les passants sur la route principale. Visiblement embarrassée par cette situation, elle tente de se cacher la tête avec son capuchon. «Pourquoi tu te caches le visage ? Tous ceux qui passent te voient», lâche une surveillante à son égard.

Au même moment, l’autre surveillant, un dénommé «misié Anil», lance à la fillette : «Bes to lamé anba !» Il finira par attraper le bras droit de la fillette et la hisser de force pour qu’elle se mette debout. Il la tire alors pour la faire changer de place. Cette fois-ci, elle s’agenouille sur le trottoir devant le portail de l’abri. Ce faisant, l’enfant baisse la tête. Un geste qui n’est pas au goût du surveillant, qui la gifle. Elle devra tenir sa tête bien droite. Cette scène s’est déroulée le 6 juin dernier dans une maison d’accueil pour les enfants maltraités située dans les hautes Plaines-Wilhems. Le tout, filmé par la surveillante, qui disait, en ses propres mots, «pé fer fim ar zot».

Équipe spéciale

Le ministère de la Sécurité sociale a été mis au courant de ces cas de maltraitance à l’encontre des enfants. Une enquête a été ouverte afin de situer les responsabilités dans cette affaire. Une équipe spéciale a été constituée pour faire un état des lieux de la situation qui prévaut dans les Child Day Care Centres et Residential Care Home. D’autant plus que les quelque 550 enfants qui y résident sont abandonnés ou négligés par leurs parents ou encore abusés physiquement ou sexuellement.

Cette équipe aura pour objectif de faire respecter les dispositions des Welfare and Protection of Children Regulations de 2000. Parallèlement, un comité technique, comprenant des représentants de divers ministères, a été institué afin d’étudier les implications liées à la réinsertion de ces enfants dans leur cellule familiale.

Parmi les mineurs dans les abris, il y avait jusqu’à tout récemment Sanjana*, admise après avoir été abusée sexuellement par un proche. Lorsqu’elle a accouché, ses parents lui ont pris le bébé. Ceux qui se sont occupés d’elle affirment qu’elle est dérangée mentalement et arrive difficilement à suivre les instructions. La jeune fille se plaignait, elle, de la mauvaise qualité de la nourriture et du langage abusif des surveillants. Elle a essayé de fuguer à plusieurs reprises, en vain.

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Un effort inutile car lorsque Sanjana a atteint ses 18 ans il y a deux mois, la direction du centre d’accueil lui a fait savoir que l’heure était venue pour elle de partir. Et de là, elle a dû trouver un refuge car ses parents ne voulaient plus d’elle. Une situation qui se répète dans plusieurs cas étant donné qu’il y aurait peu, voire pas, de suivi après que les enfants en détresse atteignent leur majorité.

Le Fact-Finding Committee institué en 2015 pour faire la lumière sur la maltraitance des enfants dans les abris a établi certains faits graves. Parmi eux, le cas de ces trois mineures qui avaient fugué d’un shelter en 2013 car elles étaient battues. Trois autres cas d’agression similaires avaient été rapportés en l’espace de deux jours après cet incident. En mars 2014, un Shelter Manager avait été arrêté sous une accusation de causing child to be sexually abused. Le 18 octobre 2015, un mineur a tenté de se suicider après avoir été maltraité par un membre du personnel d’un shelter. Cette personne était plus connue sous le sobriquet de «Maman».

L’année dernière, environ 6 000 cas d’enfants maltraités ont été rapportés au ministère de l’Égalité du genre contre 6 035 en 2015. Uniquement pour janvier 2017, environ 465 cas de maltraitance d’enfants ont été rapportés.

Source: L’express

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