Prostitution de luxe – les poules aux œufs d’or: Une ‘5-étoiles’ à rs 20 000 la nuit

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On les surnomme les ‘bimbos’ des bars et des VIP Lounges de certains lieux plutôt étoilés. Elles ne paient pas de mine, ont des dehors de femmes tout ce qu’il y a de plus normal. Mais, pour les dessous, c’est autre chose. Elles sont des travailleuses du sexe. Pointures : cinq étoiles plus. Elles font actuellement le buzz sur la Toile.

Depuis quelques jours, un débat sans fin s’invite sur la Toile en général, plus particulièrement sur celle de Parapli Ruz, organisation non-gouvernementale toute nouvelle qui se bat pour la reconnaissance des droits des travailleuses du sexe.

En fait, ces débats sont en marge de la Journée internationale qui sera observée en début de décembre prochain et dédiée à celles qui pratiquent le plus vieux métier du monde.

C’est aussi pour dénoncer des attitudes condamnables envers celles qui sont ostracisées par certains pense-petits qui tagguent cette catégorie de femmes particulières que ce débat passionné a lieu.

Les avis divergent sur la Toile et c’est de bon ton. Toutefois, certaines remarques, sur d’autres sites web, laissent à penser que le fait de mener ce genre de vie de par un choix personnel laisse perplexe. Ce que ce petit groupe ignore, c’est qu’il n’y a pas de sot métier, car tout travail se fait en échange de roupies bien sonnantes. Et celles qu’on surnomme les ‘poules’, le font. Sans a priori.

Femmes bcbg

La nuit pointe légèrement le bout de son nez sur le parking déjà bondé de cet établissement hôtelier des basses Plaines-Wilhems. Mine de rien, trois jeunes femmes, aux allures bcbg, en descendent. Cela rigole dur. Pas de fards excessifs, ni de fringues extravagantes. Encore moins de talons aiguilles. Quoi qu’elles laissent deviner certaines qualités de leurs monts et vallées dans une tenue de bon goût choisie pour ce genre de soirées. Elles ne laissent pas indifférentes, vu leur allant. Mais, elles n’en ont cure, sachant qu’elles émanent un zeste de charme, couplé à une assurance des habituées du coin. Ici, elles se la jouent résolument ‘at home’.

Comme elles, d’autres finiront par noircir l’espace bar et le lobby, sirotant un panaché ou un ‘on the rock’, cul sec. On apprend qu’il faut qu’elles soient tout juste grisées par les effluves de l’alcool. Histoire d’être en éveil afin de tenir la soirée.

Au bar, pêle-mêle, on y côtoie des jeunes loups du monde des affaires, des experts-comptables, des professionnels, des secrétaires. On est vendredi, en fin de semaine, le rendez-vous idéal pour se retrouver entre potes du même milieu social et condition sine qua non, avoir la bourse bien remplie. Ici, pas question de jouer à celui qui a des oursins dans le porte-monnaie, au risque de se rendre ridicule, infréquentable et de se voir affubler du titre d’avare car, au bar, même si c’est ‘happy hour’, les boissons demeurent relativement chères pour le commun des mortels, mais pas pour ces chérubins qui sont là pour se ressourcer et se donner du pep après une semaine de dur labeur. Même le travail en col blanc semble les éreinter.

Le moment de la drague

La timidité, il faut la déposer au seuil de la porte de l’hôtel afin d’affronter la ribambelle de gonzesses qui s’échangent des balivernes pour tuer le temps. Elles attendent, telles des félines, le moment de la drague pour appâter la cible choisie du regard.

« En fait, quand j’arrive au bar, je fais attention à ce que je consomme, car être amochée réduirait mes chances de ferrer un bon poisson », nous dit d’emblée une de ces jolies créatures, vêtue d’une robe passablement moulante à faire tourner la tête.

Ferrer le meilleur poisson : est-ce à dire que la pêche pourrait ne pas être miraculeuse ? Notre ‘bella’ sourit et lâche entre deux pouffées de sa cigarette: « Tout dépend de ceux qui se laissent tenter, certains sont très hésitants, d’autres réfléchissent à mille fois, alors que parmi les habitués du coin, pas de souci, ils savent comment s’y prendre et connaissent tout un refrain au chapitre ».

Titiller les jeunes loups

Ainsi, si les gros bonnets se font rares ou que le cadet de leur souci est de se retrouver entre potes bourrés, ces filles de joie de luxe tenteront quand même l’aventure d’aller vers la fontaine, au lieu du contraire : « Certes, aller pêcher une prise paraît quelque peu gênant, mais il faut bien gagner sa soirée et surtout ne pas rentrer bredouille ».

Est-ce à dire que le premier venu est alors prenable, pour être poli dans ses propos ? Pas du tout, nous répond l’une d’elles, surprise : « Ces jeunes professionnels qui s’attardent au bar demeurent des cibles pour nous, car ils ne sont pas là innocemment. Il faut juste les titiller et c’est dans la poche ».

Effectivement, toute la bande de femmes, sans exception, finiront la nuit entre de bonnes mains et qui reprendront leur vie de femmes au foyer aux petites heures, un gros chèque de quelques milliers de roupies en poche. (voir plus loin les diverses étapes du tapinage de luxe).


Parapli Ruz : un combat sans répit

Pas plus vieille de deux ans, l’ONG Parapli Ruz trouve à cette particularité de se battre contre des moulins à vent nommés préjugés. Il n’y a pas  plus pire que de jeter un regard inquisiteur sur des petits bouts de femmes qui tapinent sans savoir les vraies raisons derrière.

Certaines vous diront qu’elles ont choisi de mener une telle vie pour des raisons pécuniaires, d’autres pour fricotter avec la hi-jet et tout ce qui accompagne ce genre de rencontres : belle vie, champagne, sorties dans des endroits huppés. Mais, la plupart d’entre  elles vous diront que, si au départ, elles menaient une telle vie faute de mieux, elles finiront toutes par y prendre goût, à défaut.

Pour Shameema et Sophie Montocchio, le rôle de Parapli Ruz est avant tout d’ être ce rempart contre ces idées préconçues si difficiles à combattre. Pour Shameema, ces femmes qui ont choisi de se muer en travailleuses du sexe ont mille et une raisons de le faire : « Au Parapli Ruz, on reconnaît le travail du sexe comme un job et les ‘traçeuses’ ont aussi des droits qu’il faut respecter et il ne faut pas les catégoriser, car elles sont toutes sous le même parapluie ».

Pour Sophie, décrire une ‘traçeuse’ est une femme qui offre un service en échange de l’argent, « même si on dit que souvent les relations sexuelles sont consentantes ». Est-ce à dire que si un homme sort avec une femme rencontrée lors d’une soirée a la même connotation ? « Effectivement, même si une jeune femme se donne à un homme pour payer ses études parce que ses parents sont fauchés, là également elle devient une travailleuse du sexe. Pourquoi alors n’a-t-elle pas choisi d’aller mendier, de travailler dans une usine ou comme bonne à tout faire pour payer ses études ? » lâche le tout sérieusement du monde Shameema.

Pour Sophie, il y a toutes sortes d’explications et, souvent, le rôle est inversé : « Quand il s’agit d’une cougar, c’est elle qui va à la chasse d’un gars plus jeune qu’elle, le drague, lui paie tout au bar et cela finit dans une chambre pour quelques heures de ‘bonheur sexuel’. L e partenaire d’une nuit devient alors un ‘toy boy’, soit le travailleur du sexe ».

Shameema va plus loin dans ses réflexions : « Cet homme devenu le ‘toy boy’ d’une escapade sexuelle peut se transformer dans ces cas-là en vrai ‘battère bus’, c’est lui le profiteur et personne ne trouve à en redire ? Pas de préjugés ? »

Et Sophie et Shameema avancent que la demande est là pour les travailleuses du sexe : « Il ne faut pas se voiler la face. De plus en plus de femmes se laissent gagner à ce petit jeu pour X raisons qui leur sont propres et c’est pour cela que les travailleuses du sexe ont leurs places au sein de toute société, y compris la nôtre. Est-ce un péché ? Que nenni ! ».

En fait, Parapli Ruz se bat pour cette catégorie de femmes. Au bureau de cette ONG, il y a toujours des gens de tous les âges, celles qui n’ont pas un toit, de proches ou qui n’ont plus de repères, se retrouvent dans les locaux de Parapli Ruz afin de faire un brin de toilettes, d’avoir une tasse de thé chaud, du pain, des biscuits et aussi une oreille attentive pour écouter leurs tribulations. Et elles en ont !


Quelques cas qui ont fait tiquer

Presque tous les jours, il y a des cas rapportés à la police de brutalités envers des travailleuses du sexe.

Le Défi Plus dans ses éditions d’il y a quelques années en a rapporté quelques cas.  Marie-Ange Milazar, 42 ans, enceinte de huit mois, mère de sept enfants, s’est résolue à monnayer ses charmes. D’expérience, elle sait que certains clients sont friands de « gros ventre ». Marie-Ange s’est vite trouvée un client qu’elle a satisfait sur le parking situé à l’arrière du Sun Trust.

Tapis dans l’ombre, Edley, Kadna et Canard épiaient ses moindres faits et gestes. À coups de pied et de poing, ils la forcent à les suivre dans le Ruisseau-du-Pouce, jusqu’à sous le pont de la rue La Bourdonnais. Faisant montre de sadisme, ils lui lacèrent le dos, les mains, les seins et le ventre avec la pointe de leurs couteaux.

L’autre cas est celui d’Anielle Fricot. Cette fille, âgée de 23 ans, aurait été la toute première victime du Gang de Tranquebar. Toutes évoquent le martyr subi par cette habitante de Cité La Cure, quatre mois durant, jusqu’à ce qu’elle en meurt.

Pamela Manoovalloo se rappelle encore comment, il y a sept mois, ces trois individus et quatre autres jeunes l’ont tabassée et sodomisée à tour de rôle, avant de la balafrer et l’étrangler puis de la jeter comme du linge sale sous le pont de la rue La Bourdonnais. C’est en tenue d’Ève qu’elle a couru jusqu’au Jardin pour alerter la police.

Fiona, 34 ans, répète à qui de droit que les trois jeunes inculpés de l’assassinat de Marie-Ange voulaient aussi lui faire la peau. « J’étais seule lorsque Ricardo Perrine s’est approché. J’ai accepté sa proposition pour un ‘short’. Je lui ai dit mon prix : Rs 400. J’ai aperçu deux hommes sous la table des marchands ambulants. J’ai pris peur. Je savais que c’était la bande de Tranquebar. Canard est un maniaque. J’ai parlé à haute voix, comme si je m’adressais à un vigile. Ils ont pris peur et ont détalé. Moi, j’ai sauté dans une voiture», confie Fiona.


Tapiner avec les risques du métier

Que n’a-t-on pas entendu ces dernières années à l’égard de ces travailleuses du sexe ? Qu’elles cherchent leur gagne-pain sur les trottoirs ou dans de douillets luxes des hôtels, elles deviennent la cible facile de pervers ou de maniaques sexuels.

Si l’on tient en compte les nombreux cas rapportés à la police, l’on arrivera à la conclusion que ce sont les filles de joie des trottoirs qui sont les plus à risque de faire de mauvaises rencontres et de faire amocher, le mot est faible, par des voyous de la pire espèce, le temps d’un échange.

Toutefois, ce sont là des cas rapportés, mais qu’en est-il de ces travailleuses du sexe 5 étoiles qui pensent se la jouer cool sous une couette. Et même si souvent elles ne prennent que la position ‘Étoile de Mer’, soit se donner sans vraiment y participer au plaisir de l’acte sexuel avec le partenaire d’une nuit, ces femmes-là rencontrent aussi de bien mauvaises surprises avec des gars qui estiment que, quand ils paient, c’est le service tout complet, sévices compris, qui doivent leur être donnés. Quand il y a réticence, c’est la galère garantie pour la nana qui s’en sort souvent en arrivant à s’éclipser de son bourreau. Mais, ces cas-là ne sont jamais rapportés pour des raisons évidentes.

La Toile, nouvelle plate-forme

Pas moins d’une dizaine de sites vantent les charmes des filles de joie mauriciennes. Technologie oblige, certaines agences de mannequins vendent leurs hôtesses qui finissent souvent en filles de joie. Tout y est, les tarifs, le nombre d’heures, les jours disponibles, l’âge des filles, les endroits où aller les dénicher. Bref, toute une  panoplie qui incite certains étrangers de venir se dorer au soleil tout en se donnant du bon temps. Incognito, il va de soi !

Une ‘5 étoiles’ à Rs 20 000 la nuit

Souvent, ces femmes qui embrassent le métier de travailleuses du sexe, celles qu’on surnomme les ‘poules’, se la coulent douce au niveau tarifaire. Pas moins de Rs 20 000 pour finir la soirée, hormis le bar et souvent le dîner, avec le poisson pris dans le filet de leurs charmes. Ces femmes, de plus en plus nombreuses et jeunes, travaillent quelques fois en binôme ou entre copines d’un salon de massage ou d’une agence d’hôtesses d’accueil. « Le sexe de luxe a toujours existé et c’est maintenant avec la Toile que cela donne l’impression que ce style vient à la mode », nous a dit un gérant d’une boîte de mannequinat.

Pour lui, rien d’étonnant que de jolis minois avec des contours généreux se laissent aller à ce petit jeu pour se faire des sous : « Certaines de ces jeunes femmes le font par choix de jouer à l’Escort Girl, elles prennent du plaisir à accompagner à une soirée ou un dîner l’un des participants à un séminaire international que Maurice accueille. Résultat des courses ? Elles passent un moment agréable à jouer aux ‘Barbie Girls’ et au ‘People’ d’une nuit et souvent la galanterie s’arrête là. À moins qu’elles ne décident de leur propre chef de passer à la phase deux  pour gonfler leurs bourses de devises étrangères ».

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