Carte d’identité biométrique : «Nou péna zis sa pou fer»

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Les jours se suivent et se ressemblent pour ceux qui n’ont pas encore leur nouvelle carte d’identité biométrique. Réveil aux aurores, files d’attente interminables dans les  centres de conversion, risque de ne pas avoir de ticket et de devoir revenir par la suite…

Les deux centres de conversion, à Port-Louis et à Rose-Hill, ne désemplissent pas. Et hier, mardi 1er août, ça grognait pas mal dans la capitale. Surtout parmi ceux que les officiers de l’état civil ont renvoyés chez eux, expliquant qu’ils ne prennent que 200 personnes par jour.

Hugue a eu 18 ans le mois dernier. Il profite des vacances scolaires pour faire sa carte d’identité. Le jeune homme, qui habite à Surinam, était sur place dès 8 heures. «Il est plus simple pour moi de venir à Port-Louis que d’aller à Rose-Hill car je n’ai qu’un seul bus à prendre», dit-il.

Le jeune homme en est à sa troisième tentative. Et ce n’est toujours pas la bonne. À chaque fois, il s’est heurté au fait qu’il n’était pas parmi les 20 premières personnes sur place. Hugue explique qu’il lui est impossible de s’y rendre plus tôt, étant donné le trajet qu’il doit faire. La rentrée étant prévue la semaine prochaine, il essaiera à nouveau pendant les vacances de décembre.

Une habitante du Nord se trouve dans la même situation. Sauf qu’elle, est beaucoup moins calme. «Je suis venue de Pamplemousses. Je suis là depuis ce matin et là, on me dit que je dois revenir. Mo péna zis sa pou fer mwa!» fustige notre interlocutrice, qui est sur place depuis 7 heures.

Elle était déjà venue dimanche, mais elle a été priée de rentrer chez elle car elle n’aurait pas de ticket. «De plus, on m’a dit qu’en jour de semaine, il n’y a pas beaucoup de monde et de ce fait, le système de 20 tickets n’est pas applicable», poursuit-elle, exaspérée. Mais l’habitante de Pamplemousses a été désagréablement surprise lorsqu’après plus de trois heures d’attente, elle a encore une fois été priée de revenir.

«Si je me prends une amende, est-ce qu’ils vont prendre en considération le fait que je suis venue ici deux fois ?» lâche-t-elle, impuissante. Elle ne sait pas quand elle pourra de nouveau tenter sa chance.

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