Baie-du-Tombeau: Caroline: “Monn Bless Elvis Avek Enn Kouto Kan Mo Ti Pe Defann Moem”

Jeudi soir, à Baie-du-Tombeau, une dispute de couple a dégénéré. Une trentenaire raconte que son époux aurait tenté de l’agresser avec un couteau de cuisine. Dans la lutte, l’arme s’est retrouvé dans l’abdomen du jeune homme. Elle crie à la légitime défense. Une version à laquelle les proches de la victime accorde peu de crédit.

Elvis, 27 ans, s’est retrouvé à l’hôpital après une violente dispute avec son épouse. Il avait un couteau de cuisine planté dans  son abdomen. Caroline, 33 ans,  clame que « c’était un accident ».

Selon la jeune femme, elle n’a fait que se défendre contre son mari. Celui-ci la menaçait avec le couteau en question. « Dans la lutte, j’ai pu le lui prendre et il a trébuché. Nous sommes tombés et il s’est blessé avec la lame », affirme-t-elle.

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Caroline explique que les choses vont mal dans son couple depuis quelque temps déjà. Il y a deux mois, à la naissance de leur troisième enfant, Elvis lui aurait tout bonnement demandé de quitter la maison. Puis, il y a trois semaines, Elvis est retourné vivre chez sa mère à Pointe-aux-Sables.

Jeudi soir, selon Caroline, son époux est revenu à la maison. « Linn koumans pous mwa, maltret mwa… », raconte-t-elle.

Caroline avait mis de l’eau à bouillir. « Elvis a versé de l’eau sur moi. Heureusement qu’elle n’était pas très chaude… Puis, il a pris la casserole pour me frapper à la tête. Monn lit ar li », relate Caroline.

Le couple s’est retrouvé dans la cour. « Il avait un couteau à la main. Je me suis défendue. C’est là qu’il est tombé sur la lame »,  poursuit la jeune mère.

Elvis a été grièvement blessé. Il a subi une intervention chirurgicale avant d’être admis à l’unité des soins intensifs de l’hôpital SSRN, à Pamplemousses. Son état de santé est jugé préoccupant. Les proches de la victime ne croient pas dans la version de la jeune femme. « Elle avait préparé son coup. Elle est allée chercher le couteau elle-même pour agresser mon fils », soutient la mère d’Elvis.

Caroline affirme, elle, ne pouvoir compter sur personne. « Je ne suis pas en bons termes avec les proches de mon mari. Ils ne savent rien à propos des souffrances qu’il me fait subir. »

Originaire de Rodrigues, Caroline s’est installée à Maurice dans l’espoir d’un avenir meilleur. Elle a fait la connaissance d’Elvis, dont elle est tombée amoureuse. Au bout de deux ans, le couple a décidé de s’unir. Toutefois, le conte de fées de Caroline allait bientôt se transformer en un véritable cauchemar.

« Durant tout ce temps, il m’avait dissimulé sa vraie nature. Après notre mariage civil, les coups ont commencé à pleuvoir », relate-t-elle.  « De plus, il voyait d’autres femmes. »

La venue au monde d’un bébé, explique Caroline, n’a rien changé. « Pendant ma grossesse, il s’est calmé, mais une fois l’enfant né, il a recommencé à me frapper », dit-elle.

Caroline ne pouvait plus supporter le comportement violent de son époux. « Je l’ai dénoncé à la police. À plusieurs reprises, j’ai obtenu des ordonnances de protection auprès de la cour à son encontre, mais une fois qu’elles arrivent à terme, les coups recommencent », se désole-t-elle.

Leur troisième enfant a deux mois. « Huit jours après cette naissance, il m’a frappé. Il voulait que je parte de la maison, qui appartient à sa famille. Mais chez qui partir, car à Maurice, je n’ai personne sur qui compter. Avec mes trois enfants, nous allons nous retrouver à la rue », dit-elle en sanglots.

Caroline a été longuement interrogée par la police de Baie-du-Tombeau, jeudi soir et vendredi,  avant d’être relâchée sur parole. « J’ai peur pour ma sécurité. Où vais-je aller vivre maintenant ? » se demande-t-elle.

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