Opération d’éviction: Le gouvernement s’explique

Étienne Sinatambou: “Nous avons respecté la loi et été conciliants”

Après la journée mouvementée de vendredi dernier à Barkly et à La Butte, où les pleurs, cris, l’amertume et le désespoir des déplacés du tracé Metro Express ont ému la population, le gouvernement a donné des explications pour rappeler qu’il a “à tout moment respecté la loi et a fait de son mieux pour être conciliant.”

Actualité oblige, le porte-parole Étienne Sinatambou a commenté ce sujet lors d’une conférence de presse, hier. Il a aussi pointé du doigt “certains membres” de l’opposition qui, selon lui, ont fait une “tentative indigne de récupération” de cette affaire.

Alors que d’autres, dit-il, se sont montrés plus responsables. Quant à la fiabilité du terrain de La Butte qui a été sujet à un glissement, récemment, le ministre Sinatambou indique à Week-End que l’Agence Japonaise de Coopération Internationale surveille les lieux de près depuis 25 ans, laissant comprendre que la question de danger ne se pose pas.
Cela fait trois ans, après la notice d’avril 2014, que les autorités communiquent avec les familles concernées par le déplacement, dit, d’entrée de jeu, Étienne Sinatambou, qui insiste sur la communication constante du gouvernement par rapport à l’acquisition obligatoire des terrains et l’évacuation en cas d’occupation illégale depuis ces trois dernières années.

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Depuis 2013, ajoute-t-il, les Rujubali de La Butte sont au courant que le bail d’un des deux terrains qu’ils occupent n’a pas été renouvelé pour des raisons liées au projet Metro Express.
Commentant le cas de la famille Rujubali, le ministre Sinatambou commente que des 15 cas concernés dans la région, celui-ci est le seul à poser problème. Pourtant, malgré son statut d’occupante illégale sur un terrain de l’État, la famille s’est vue offerte une compensation à hauteur de Rs 1.8 M, il y a quatre ans.

“Les Rujubali occupent deux propriétés, dont une est construite sur un terrain dont le bail n’a pas été renouvelé en 2014. La deuxième propriété se trouve sur un terrain qui n’appartient pas à la famille. Elle avait fait une demande au gouvernement pour obtenir un bail dans le cas du deuxième terrain, ce qui lui a été refusé. Dans les deux situations, cette famille se trouve dans l’illégalité.

Malgré tout, le gouvernement d’alors lui propose une compensation de Rs 1.8 M alors qu’elle est squatter, ce qui n’est pas normal. Mais le plus choquant est que les Rujubali ont refusé la proposition pour exiger une somme de Rs 4.2 M”, explique Étienne Sinatambou, qui n’a eu de cesse de rappeler que les Rujubali occupent deux terrains qui ne sont pas les leurs.

Et que lundi, tout comme les contestataires de Barkly, ils auront à prouver le contraire en Cour, suite au stop order émis par la juge Rita Teeluck, vendredi après-midi.
“Les habitants raisonnables de Résidence Barkly sont très contents de savoir que le Metro Express passera devant chez eux”

Pour Étienne Sinatambou, l’ordre intérimaire émis est bien clair, “pending the production of the lease agreement of the applicant”, précisant: “puisqu’ils disent que nous sommes en train de démolir leurs biens sur un terrain qu’ils semblent considérer comme étant le leur.”

La juge a été catégorique: les applicants doivent produire leur bail, “failing which the Interim Injonction will lapse.” Les Rujubali, insiste Étienne Sinatambou, auront à établir la légalité de leur occupation auprès de la Cour.

En maintenant que la famille Rujubali “pe res lor enn terin ki pa pou li”, le ministre Sinatambou est d’avis que, dans les contestations “ki ena enn limit, fode pa ekzazere.” Le gouvernement, rappelle-t-il, a jusqu’ici déboursé Rs 375 M en compensation.
S’agissant de Barkly, Étienne Sinatambou indique que “des 21 familles qui ont empiété sur des terrains de l’État, 17 n’ont pas posé de problème.”

Les occupants de ces maisons, poursuit-il, ont, avec le temps et le progrès économique, agrandi l’enceinte de leur propriété, rajouté des structures qui, au final, ont empiété sur les terres de l’État. Ces familles avaient été averti des travaux dans le cadre du tracé du Metro Express, dit-il.

La quasi majorité a accepté de se soumettre à la notice du gouvernement. Pour Étienne Sinatambou, “les habitants raisonnables de Résidence Barkly sont très contents de savoir que le Metro Express passera devant chez eux.”
Quant aux quatre familles réfractaires, elles ont construit une partie de leur maison – les toilettes et la salle de bains – sur le terrain qu’elles doivent céder.

Selon le ministre Sinatambou, avec son collègue Nando Bodha, ministre des Infrastructures publiques, une solution a été proposée à ces familles. “Le ministre Bodha ont assuré à ces familles qu’un architecte et un ingénieur seront mis à leur disposition pour voir dans quelle mesure on peut envisager la reconstruction des pièces qui seront enlevées ( )

Et dans le cas où la démolition de ces pièces entraînerait l’effondrement de la maison, si elle dispose d’un étage, le gouvernement compenserait avec une maison neuve de la NHDC en janvier prochain. En attendant, le gouvernement est disposé à payer un loyer. Peut-on être plus conciliant?” Étienne Sinatambou ajoute: “Apre trwa zan, si ou persiste res dan lilegalite, pa trouv drol ki amenn lapolis ek JCB! Nou ena enn angazman ek kontrakter.”
“Nous sommes arrivés à la date butoir. L’État a été respectueux de la loi”, déclare aussi le représentant du gouvernement. Et c’est dans cet esprit, dit-il, que le gouvernement a fait arrêter la démolition des structures à Barkly et à La Butte, vendredi dernier. “C’est vrai que lorsqu’on regarde les images qui ont circulé, cela paraît choquant”, avoue Étienne Sinatambou, faisant référence à la colère des habitants et l’intervention des forces de l’ordre. Mais pour ce dernier, une partie de l’opposition “pe al fer miting, pe mont la-tet, pe fer krwar ou pena leker!” auprès des familles.

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