Double noyade à Le Goulet: Kendy, 23 ans, et Stacey, 11 ans happés par une vague

Double drame à Le Goulet le jeudi 1er février. Gerald Kendy Allagapen, 23 ans, et Stacey Germain, 11 ans, sont morts noyés. Stevie Germain, la fiancée du jeune homme, s’en est, elle, sortie de justesse. La National Coast Guard a dû quitter les lieux en quatrième vitesse face à une foule hostile qui lui reprochait sa léthargie.

«Li pa fasil. Monn perdi mo zanfan ek mo zann », pleure Steeve Germain. Quand les plongeurs des Mauritius Fire Services ont retiré le cadavre de son enfant Stacey de l’eau, cet habitant de Tranquebar s’est effondré. Il a accouru vers le corps de sa fille, les mains tendues comme pour tenter de la réconforter, mais il était déjà trop tard. La fillette n’a pas pu être réanimée sur la plage de Le Goulet par les membres du Samu. À cet instant, l’atmosphère était tendue sur la plage, car en quelques heures, deux personnes avaient perdu la vie. Outre Stacey, le cadavre du fiancé de sa sœur, Kendy Allagapen, a été repêché plus tôt.

Nul ne s’attendait à pareille tragédie. La journée avait pourtant bien commencé. Les membres de la famille Germain s’étaient donné rendez-vous à Le Goulet. La semaine dernière, une réunion de famille devait se tenir à Curepipe pour officialiser la relation entre Kendy Allagapen et Stevie Germain. Mais pour des raisons familiales, cette réunion n’a pas eu lieu. Kendy Allagapen s’était rendu chez sa petite amie à Tranquebar pour se changer les idées.

Adultes et enfants présents s’amusaient sur la plage. Kendy et Stevie, ses sœurs Stesha et Stacey nageaient, quand une grosse vague les a surpris. « Enn delo sorti kot zot nombri inn ramas zot. Zot ti dan bor. Enn kout sa vag-la inn pran zot », devait témoigner Steeve Germain. Pour ce dernier, la baignade n’était pas dangereuse, car « il n’y avait aucun panneau d’avertissement sur le lieu ».

Panique

Happés par la vague, les nageurs se sont retrouvés en difficulté. Stevie et Stesha ont réapparu peu après, mais Kendy et Stacey n’ont pas refait surface. Sur la plage, c’était la panique. Les membres de la famille ont tenté de retrouver les disparus, mais en vain. L’alerte a immédiatement été donnée à la National Coast Guard et la police de Terre-Rouge.

Le corps inerte de Kendy Allagapen a été repêché. Les ambulanciers ont tenté de le ranimer, mais rien n’y a fait. Il avait déjà rendu l’âme. Entre-temps, les recherches se sont poursuivies en mer pour retrouver Stacey. C’est au bout de deux heures environ que le cadavre de la petite a été repêché. Les autopsies sont prévues ce vendredi 2 février.

L’enquête est placée sous la supervision du surintendant de police Dawoonarain.

Quant à Stevie Germain, 27 ans, la fiancée de Kendy Allagapen, elle était inconsciente quand elle a été transportée à l’hôpital SSRN. Dans la soirée, elle a été transférée à l’unité des soins intensifs.

Un témoin : «Le courant était très fort»

Jean Daniel Orient a eu une peur bleue. Il nageait quand la vague puissante a surgi. « Monn resi sap mo ti belser. Mo pann kapav sap tou dimounn paski kouran ti tro for. Sa inn pas vit », témoigne-t-il.

La NCG quitte les lieux en quatrième vitesse

Peu après que le corps de Stacey a été retiré de l’eau, une foule en colère a accouru vers les membres de la National Coast Guard (NCG) qui se trouvaient dans deux tout-terrain. Les protestataires reprochaient aux garde-côtes leur inefficacité alors que les victimes s’étaient trouvées en difficulté. « Les garde-côtes n’arrivaient même pas à démarrer leur embarcation. Ce sont les membres du public qui sont intervenus pour leur porter secours. Certains membres de la NCG étaient ivres », allèguent des témoins.

Sollicité pour une réaction, l’inspecteur Shiva Coothen du Police Press Office dément ces allégations. « Je dois dire que les membres de la NCG ont agi promptement. D’ailleurs, ils ont sollicité l’aide de l’hélicoptère de la police pour survoler le lieu du drame, afin de retrouver la fillette portée manquante. Zot pann sove me zot finn protez zot mem. Zot pa ti sou. Ti deza ena enn lekip ki ti lor bato », a-t-il expliqué.

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