Le présumé meurtrier de Berty Philogène : «Je l’ai égorgé parce qu’il volait mes plants de gandia»

Développement dans l’enquête sur le meurtre de Marc Berty David Philogène, 34 ans, égorgé puis abandonné dans un champ de canne à Beau-Champ. Le suspect Satchidanand Sidhari, un ancien ami de la victime, est passé aux aveux le mercredi 4 avril.

«Li ti pe kokin mo bann plant gandia. Monn koup so likou. » C’est ce qu’a lancé Satchidanand Sidhari, un laboureur de Camp-des-Pêcheurs de 38 ans, aux enquêteurs le mercredi 4 avril. L’arme du crime, un sabre et des vêtements tachés du sang de la victime ont été récupérés.

Arrêté mardi dans le sillage de cette affaire, le suspect, fiché à la police pour des délits de drogue, avait, dans un premier temps, nié son implication dans le meurtre de Berty Philogène. Une descente à son domicile au cours de la soirée de mardi a permis aux enquêteurs et à des éléments de la brigade antidrogue de retrouver quatre plants de cannabis mesurant 10 centimètres.

Une perquisition de la maison a permis aux policiers de retrouver un sabre, des vêtements et une paire de chaussures. Les premières analyses faites sur place par les officiers du Forensic Science Laboratory (FSL) ont conclu qu’il y avait des traces de sang sur la lame du sabre de même que sur le reste des vêtements qui avaient été lavés. Ces pièces à conviction sont en train d’être analysées.

Mercredi, le suspect a comparu devant la cour de Flacq sous des accusations provisoires de culture de cannabis et de meurtre. Conduit dans les locaux de la Criminal Investigation Division de Bel-Air, Satchidanand Sidhari a fini par cracher le morceau. Durant son interrogatoire mené par les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), le suspect est revenu en détails sur ce meurtre.

Analyses

Dans sa déposition aux hommes de l’assistant surintendant Luciano Gérard, le suspect a dit : « Mo kiltiv gandia pou mo prop konsomasyon. » Il ajoute avoir surpris la victime dans le champ de canne où il cultivait cette drogue. « Li ti pe kokin mo bann plant. Mo ti tousel. Monn pran enn sab ek monn koup so likou », a-t-il expliqué. Le sang de la victime s’est répandu sur ses vêtements.

Avant de quitter les lieux, il dit avoir ramassé ses plantes et s’est rendu à son domicile. Une fois chez lui, le présumé meurtrier s’est débarrassé de ses habits. « J’ai enlevé mes vêtements tachés de sang et je les ai mis dans un sac en plastique. Je suis parti à la rivière. Monn atas linz-la ek enn gro ros ek monn zet li », a-t-il indiqué aux enquêteurs. Le sabre récupéré à son domicile, a-t-il soutenu, serait l’arme du crime.

Après ces révélations, les limiers de la MCIT se sont rendus à Grande-Rivière-Sud-Est dans l’après-midi. Le suspect leur a indiqué l’endroit où il s’est débarrassé de ses habits. Les éléments du Groupement d’intervention de la police mauricienne et les plongeurs de la garde-côte nationale ont récupéré un sac en plastique qui contenait les vêtements que le suspect portait au moment de l’agression. Ceux-ci ont été envoyés au FSL pour des analyses. Satchidanand Sidhari a été reconduit en cellule policière. Pour l’heure, la bicyclette de la victime demeure introuvable.

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