Berty Philogène égorgé à Beau-Champ – Sa compagne : «Nous allions nous marier dans le courant de l’année»

Destin tragique pour Marc Berty David Philogène, 34 ans. Ce père de famille connu et apprécié à Camp-des-Pêcheurs, Grande-Rivière-Sud-Est (GRSE), a été égorgé dans un champ de canne à Beau-Champ. Le jeune homme, qui partageait sa vie avec Deeya, voulait lui passer la bague au doigt. « Nous allions nous marier au courant de cette année. La date avait déjà été fixée », pleure la jeune femme.

Assise dans le salon familial, Deeya, originaire de Mahébourg, a le regard perdu. Celui qui faisait sa joie de vivre s’en est allé de façon atroce. Voilà bientôt quatre ans que le couple s’était installé à GRSE, chez la famille de Berty. « Je l’ai connu à Mahébourg alors qu’il venait rendre visite à des amis », raconte Deeya. Le jeune homme venait de sortir d’une précédente union, où il était devenu père.

Berty gagnait sa vie en effectuant des travaux manuels. « Il avait l’habitude de prendre sa bicyclette le matin pour se rendre au travail et rentrait l’après-midi », nous explique sa compagne. Elle le décrit comme une personne douce et calme et qui n’a jamais eu de problème avec qui que ce soit dans la région. « Li ti bien popiler. Zot tou konn li dan landrwa. Li ti trankil osi. Zame pann trouv li gagn problem ek personn », ajoute-t-elle.

Pour Maria, la sœur de la victime, « Berty ti enn dimoun reserve. Li pa pou dir ou si linn gagn problem osi ». Mais pour Avy, ami proche de Berty, il y a quelque temps, la victime avait eu un accrochage avec Satchidanand Sidhari, 38 ans, un laboureur, habitant le même quartier. « So bann tranzaksyon pa ti bon. Berty inn desid pou aret frekant li », nous explique Avy. Ayant déjà eu des démêlés avec la justice pour une affaire de drogue, Berty voulait se consacrer à son foyer.

Le bonheur du couple a, cependant, viré au cauchemar le vendredi 30 mars dernier. Vers 8 heures, Berty est parti de chez lui à bicyclette. « Il n’a pas dit où il allait », lâche Deeya. Il n’est pas rentré de toute la journée, ce qui a inquiété sa compagne et ses proches. « Nou finn rod li me pann trouv li. Samdi vini, dimanche. Pa dan so labitid dormi deor », poursuit-elle. Elle s’est alors rendue au poste de police de Bel-Air pour signaler la disparition de son compagnon. Dans ces moments d’angoisse, impossible pour les membres de la famille de fermer l’œil.

Au bout de trois jours de recherches, leurs craintes se sont avérées. Ils furent alertés par une odeur nauséabonde qui flottait dans les environs. Le corps en état de décomposition de Berty a été retrouvé allongé sur le dos avec des blessures au cou et aux poignets. L’autopsie a conclu que la victime a été égorgée.

Le monde de Vinolia, la mère de la victime, et de Deeya s’est alors écroulé. « Mo pa krwar ki Berty inn ale », lâche la jeune femme, les larmes aux yeux.

Tué pour des plants de cannabis

Dans le sillage de ce meurtre, la police criminelle de Bel-Air et les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) ont interrogé les amis de la victime. Satchidanand Sidhari, 38 ans, a été la dernière personne à avoir vu la victime en vie. Il a été interrogé et placé en état d’arrestation. Les enquêteurs ont effectué une descente à son domicile. Ils y ont retrouvé quatre plants de cannabis. Les limiers ont également saisi un sabre, suspecté d’être l’arme du crime, des vêtements et une chaussure, portant des traces de sang.

Confronté à ces indices, le suspect a fini par cracher le morceau. Il a expliqué aux enquêteurs qu’il cultivait du cannabis pour sa propre consommation. Il a ajouté avoir surpris la victime en train de piller ses plants de gandia et l’a agressé. « Berty ti pe kokin mo bann plan gandia. Monn koup so likou. » Il soutient avoir agi seul. Il ajoute avoir jeté les vêtements qu’il portait le jour de l’agression mortelle dans une rivière. Ces pièces à conviction ont pu être récupérées jeudi.

Le suspect a été provisoirement inculpé de meurtre et de culture de cannabis.

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