Murielle, 30 ans, délaisse son époux de 67 ans : Muni d’un couperet, il agresse sa femme

Elle a 30 ans et lui 67. Après l’échec d’un premier ménage, Murielle a cru cette fois-ci retrouver la sérénité auprès de Richard. Leur relation n’a cependant pas évolué comme elle l’espérait. La jeune maman, domiciliée à Sainte-Croix, allègue être victime de violences conjugales. Elle l’a plaqué pour un autre, mais l’époux, mécontent, l’a tailladée.

L’epoux montrant le couperet utilisé lors de cette agression sanglante.

« Enn zour Paques, linn bless mwa ek kouto akoz mo ti lev tard »

Lasse de subir les coups de son mari Richard (prénom modifié), Murielle a fini par le quitter. Elle a ensuite rencontré un mécanicien de 30 ans et a abandonné le toit conjugal pour aller vivre auprès de son amant. Cependant, le 10 avril, Richard s’est pointé chez le mécanicien et a contraint la femme de rentrer avec lui. Une dispute a éclaté dans la soirée. L’époux s’est saisi d’un couperet et a agressé la jeune femme. Blessée, Murielle a été admise. Elle a porté plainte à la police pour violence domestique. L’époux s’est retrouvé derrière les barreaux le 14 avril dernier.

Le dos de Murielle est recouvert de bandages. Elle porte aussi des entailles au bras. Se déplaçant avec peine, elle nous fait le récit de sa vie auprès de Richard. « Nous nous connaissons depuis sept ans environ. Sa fille a épousé mon cousin. Je sortais d’une relation difficile quand je l’ai rencontré », dit-elle. « J’habitais chez ma mère à Roche-Bois, mais j’avais tout plein de problème. Richard m’a proposée de venir travailler chez lui. Mo ti pe al kot li pou netwaye », explique-t-elle. Peu après, la situation a évolué. « Li mem li ti separe, linn dir mwa vinn res ek li », se souvient Murielle. Cette dernière, déjà mère d’une fillette, n’a alors pas hésité à aller s’installer chez l’habitant de Sainte-Croix.

La jeune femme a été atteinte sur plusieurs parties du corps.

Au fil du temps, elle constate que la vie auprès de Richard n’est pas aussi rose qu’elle se l’imaginait. « Il a un penchant pour la bouteille. Li fer nimport. Enn zour Paques, linn bless mwa ek kouto akoz mo ti lev tard », explique-t-elle.

Face à cette situation, Murielle explique qu’elle s’était résolue à quitter la maison de son compagnon. « Monn deza ale, mo ti al res kot enn kouzinn. Me a sak fwa li vinn sers mwa », poursuit-elle.

Le couple a eu un fils. Et l’année dernière, voyant une amélioration dans cette relation, elle a accepté de se marier civilement. « Nous étions à une session de prière et on nous a conseillés de nous marier », se rappelle-t-elle.

C’est le 24 juin 2017 que les deux ont scellé leur union devant les autorités. Murielle reconnaît qu’elle était reconnaissante envers le sexagénaire, mais « mo pa ti ena sentiman pou li ». Mais le couple devait une fois de plus battre de l’aile. « Li bwar li tousel dans lakaz ek li bate devan bann zanfan mem », ajoute la jeune femme.

Nouvelle rencontre

Il y a quelques mois, alors qu’elle est chez une amie à Port-Louis, Murielle fait la connaissance d’un mécanicien ayant le même âge qu’elle. Les deux se lient d’amitié et gardent contact. La jeune femme lui aurait confié ses soucis. D’amis, ils sont devenus amants. « Monn dir mo misie monn zwenn enn lot dimoun. Lin dir li pou touy nou de », relate-t-elle.

À la mi-mars, Murielle décide de prendre ses enfants et trouve refuge chez son amant. Lors de son séjour chez le jeune homme, la jeune femme dit avoir contracté le Nikka. De son coté, Richard, à bout de cette situation, s’est rendu chez son rival à Port-Louis le matin du 10 avril dernier. « Il a débarqué et m’a forcée à le suivre avec les enfants à Sainte-Croix », explique Murielle.

Vers 19h00, une dispute éclate et Murielle informe Richard qu’elle le quitte pour de bon. Alors qu’elle se rend aux toilettes, l’époux se jette sur elle. « Linn tap mwa par deryerr. Mo ti krwar ki li ti ena enn dibwa ek li, me monn trouv disan. Ler mo gete, monn trouv enn sab dans so lame. Linn tapp mwa cout sa sab la lor ledo, lor mo lebra. Lin tapp mwa dan mo vantt. Linn sove », dit-elle.

La jeune femme est transportée à l’hôpital Dr A.G Jeetoo. Elle y sera admise en salle. Ce n’est que quatre jours plus tard qu’elle obtiendra sa décharge. Elle a pu faire une déposition. Richard a été arrêté le jour même. Il a comparu en cour de Port-Louis lundi pour violence domestique. Il a obtenu la liberté conditionnelle.

« Monn dir li mo laz avanse, linn dakor »

Pour l’époux, Murielle s’est montrée irrespectueuse. « Je l’ai connue alors qu’elle traînait les rues. Elle a deux autres enfants à la CDU. Je fais beaucoup de travail social, c’est la raison pour laquelle je l’ai accueillie sous mon toit. Je lui ai expliqué mes conditions. Mo finn koz ar li, monn dir li ki mo laz avanse, li finn dakor. Monn amen li dan la pryerr pou sanz so lavi. Monn fer li aret bwar, aret fime. Nou menaz ti pe marse. Tou seki li ti pe demane mwa mo ti pe done. Li pa ti mank nanye  », dit Richard.

Aux dires du sexagénaire, la situation aurait changé après qu’elle a repris de mauvaises habitudes. « Li kit lakaz li aler pandan plizir zour apre li retourne. Linn al konn enn boug ki fatig li. Laniverserr tifi li pa vinn kit gato », s’insurge-t-il.

Et le 10 avril, il est sorti de ses gonds. « Monn al pran li kot boug la gramatin. Tanto li koumans zour mwa. Mo nepli kav. Monn pren enn couto sinwa monn koup li », nous relate-t-il. Depuis cette agression, Murielle est partie habiter chez son nouvel époux et Richard compte désormais se battre pour la garde de leur fils de quatre ans.

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